Les aspects positifs de la honte sont de l'ordre de l'éducation, de l'apprentissage de la vie sociale, de l'humanisme. La honte régule les relations sociales. Elle protège chacun en signalant les bonnes limites à ne pas dépasser. Les esquimaux utilisent par exemple la honte pour apprendre aux enfants à ne pas traverser la banquise, risque mortel pour eux. Quand un enfant traverse la glace pour la première fois, les esquimaux lui font honte pour lui apprendre à faire attention à ce danger qui peut lui coûter la vie.
La honte est positive quand elle limite nos comportements sans altérer notre identité. A petite dose et ponctuellement, la honte nous indique le juste chemin vers le respect des autres et de soi. Elle nous apprend l'humilité et l'égalité entre les hommes. Comme toutes les émotions, elle nous informe sur nous, et nous invite à ne nous placer ni en "sous-homme" (soumission, position de victime) ni en "sur-homme"(domination, position de sauveur ou persécuteur). Excès de honte et absence de honte sont préjudiciables.
Les personnes qui ne ressentent pas la honte manifestent des comportements arrogants, envahissants, violents et deshumanisés qui nuisent à la qualité de la vie sociale. Les adolescents interpellés suite à du "Happy slapping" (agressions gratuites en groupe filmées avec des téléphones portables) ou des "tournantes" (viol collectif) semblent par exemple souffrir d'une absence de honte quand on les écoute.
La honte peut être également vue comme positive car elle peut éviter aux victimes de grandes humiliations et de violences de sombrer à leur tour dans la barbarie et le chaos. De nombreuses personnes humiliées ou méprisées ont raconté qu'elles sont restées profondément humaines grâce à leur honte qui les a retenues du côté des Hommes, les empêchant de tomber dans la violence animale.
Au regard de la fonction sociale positive de la honte, on peut se demander si la honte pathologique n'est pas le fruit de la violence humaine. La honte excessive ne serait-elle pas une émotion pervertie par l’homme au moment où celui-ci a compris qu’il pouvait faire honte à autrui ? La mauvaise honte serait-elle le fruit d’une utilisation abusive de cette émotion par l’homme ?